SpaceX lance un satellite-espion - Cité de l'Espace

SpaceX lance un satellite-espion

SpaceX lance un satellite-espion

Le 1er mai, la firme créée en 2001 par Elon Musk a placé sur orbite un satellite du National Reconnaissance Office (NRO). SpaceX entre ainsi dans le marché lucratif des lancements pour le département de la Défense américain.

Depuis sa création en 2001 par Elon Musk, SpaceX est passée du statut de société débutante à celui de fournisseur de premier plan de la NASA. Rappelons qu’au terme du contrat CRS (Commercial Resupply Services), la firme privée effectue avec son lanceur Falcon 9 et sa capsule automatique Dragon des vols de ravitaillement à destination de la Station Spatiale Internationale (ISS) pour le compte de l’agence américaine.
SpaceX s’est aussi tournée vers le lancement de satellites commerciaux, prenant des parts de marché à des prestataires établis comme l’européen Arianespace ou l’américain United Launch Alliance.

NROL-76 : un lancement «censuré»

Mais l’entreprise d’Elon Musk se trouvait écartée d’un marché plus lucratif, à savoir celui de l’envoi sur orbite des satellites militaires. C’est le géant United Launch Alliance, qui réunit Boeing et Lockheed Martin, qui régnait en effet depuis des années sur ce type de contrats. Pour des raisons de souveraineté et d’indépendance, les compagnies de lancement étrangères ne peuvent pas proposer leurs services. Si on y ajoute les exigences particulières du département de la Défense, on constate que les tarifs sont bien plus élevés que sur le marché ouvert des satellites commerciaux. Élevés au point que le Government Accountability Office, le «gendarme» des dépenses fédérales des États-Unis, les jugea excessifs. Elon Musk fit campagne pour que sa société puisse répondre aux appels d’offres concernés, promettant de substantielles économies au contribuable américain (100 millions de dollars le lancement au lieu de 2 à 4 fois plus selon lui).

Aussi, le lancement du 1er mai, depuis le pas de tir LC-39A du centre spatial Kennedy, marque une étape décisive pour SpaceX qui a réalisé sa première mise à poste d’un satellite-espion. Ci-dessous, l’enregistrement du direct vidéo.

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Ce lancement était connu sous la dénomination NROL-76. Ce qui signifie National Reconnaissance Office Launch n°76 (launch pour lancement). Le National Reconnaissance Office (NRO) est l’agence fédérale qui dépend du département de la Défense américain chargée de gérer les satellites de renseignement (ou satellites-espions dans le langage commun). Comme il est habituel pour ce genre de mission, le type du satellite (observation optique ou radio, transmissions, essai technologique, etc.) n’a pas été précisé de même que son orbite de travail. À ce titre, SpaceX a cessé de montrer le vol dès que le deuxième étage se sépara du premier. Un lancement en partie «censuré» donc. En revanche, le retour du premier étage du Falcon 9 a pu être suivi. Le fait qu’il revienne sur une zone spécialement aménagée sur la côte floridienne à une quinzaine de kilomètres de son lieu de départ et une météo favorable ont permis aux caméras de saisir, de façon assez impressionnante il est vrai, les manœuvres de «demi-tour», de freinages propulsés (ré-allumage d’une partie des 9 moteurs) successifs puis d’atterrissage. SpaceX défend en effet l’idée que la réutilisation de ses premiers étages fera baisser le coût de l’accès à l’espace. Le 30 mars, le satellite SES-10 fut ainsi envoyé sur orbite géostationnaire avec un Falcon 9 dont le premier étage avait déjà servi.

Retour du premier étage du Falcon 9 utilisé pour la mission NROL-76 sur la Landing Zone aménagée non loin du pas de tir. Crédit : SpaceX

Retour du premier étage du Falcon 9 utilisé pour la mission NROL-76 sur la Landing Zone aménagée non loin du pas de tir.
Crédit : SpaceX