Spatial 2020 : tour d’horizon

Spatial 2020 : tour d’horizon

Alors qu’il ne reste bientôt plus que 11 mois à cette année, nous vous proposons un tour d’horizon des événements astronautiques. 2020 devrait en effet être assez riche côté spatial.

L’année a plutôt commencé sur les chapeaux de roues avec les lancements inaugurés par SpaceX le 6 janvier dernier. Puis ce fut la Chine (plusieurs fois) et Arianespace a entamé son millésime 2020 avec la mission VA251. Dans ce qui suit, nous allons essayer d’être chronologique. Mais essayer seulement, car les dates, notamment de décollage, peuvent évoluer.

Retour du Soyouz MS-13

Le 6 février à 10h14 (heure FR), 3 astronautes se posent dans les plaines du Kazakhstan à bord du vaisseau russe Soyouz MS-13. Ils reviennent de la Station Spatiale Internationale (ISS). À bord : le Russe Alexandre Skvortsov de l’agence Roscosmos, l’Italien de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) Luca Parmitano et l’Américaine Christina Koch de la NASA.
On notera que cette dernière aura, pour sa première mission spatiale, passé 328 jours sur orbite, ce qui constituera le nouveau record féminin pour un vol d’une seule traite.

Envol de Solar Orbiter

Construite en Europe pour l’Agence Spatiale Européenne (ESA) par Airbus Defence and Space, la sonde Solar Orbiter va scruter notre étoile pour notamment permettre aux scientifiques de mieux comprendre les vents solaires. Cette mission se déroule en coopération avec la NASA, ce qui explique un décollage depuis la Cape Canaveral Air Force Station en Floride au sommet d’un lanceur Atlas V d’United Launch Alliance. [Mise à jour du 27 janvier] La date visée est le 8 février à 5h15 du matin (heure FR).

Constellations web sur orbite

SpaceX doit continuer de lancer ses propres satellites Starlink (60 par vol) pour étoffer une constellation dédiée à la connectivité web. Des milliers de satellites sont annoncés et les astronomes professionnels protestent, car le grand nombre envisagé pourrait amoindrir les capacités des observatoires au sol.
Il y a aussi la constellation OneWeb qui a prévu plusieurs décollages cette année. Ces satellites construits à la chaîne (selon un principe mis au point par Airbus à Toulouse) visent également à améliorer la connectivité internet.
La constellation n’est toutefois pas la seule manière d’amener du haut débit là où il ne passe pas au sol. Le satellite Konnect d’Eutelsat réalisé par Thales Alenia Space, et récemment lancé, fait appel à une plus classique solution depuis l’orbite géostationnaire.

Hubble fête ses 30 ans

Le célèbre télescope spatial Hubble qui associe la NASA et l’ESA a été placé sur orbite par la navette Discovery en avril 1990, voici bientôt 30 ans. À n’en pas douter, les 3 décennies de découvertes et d’émerveillement des beautés de l’Univers par cet observatoire unique en son genre (le seul qui était entretenu par des visites d’astronautes) mériteront des célébrations à la hauteur !

Premier vol habité du Crew Dragon ?

Depuis l’arrêt des navettes spatiales en 2011, les États-Unis ont perdu leur autonomie pour les vols habités. Les astronautes de la NASA voyagent donc à bord des Soyouz russes pour accéder à l’ISS (et en revenir). Dans le cadre de son Commercial Crew Program, l’agence américaine a sélectionné les firmes privées SpaceX et Boeing pour qu’elles accomplissent une prestation de transport «clé en main». Le test d’éjection en cours de décollage réussi par SpaceX le 19 janvier ouvre la voie à un premier vol habité sur la capsule Crew Dragon de cette société (si d’autres essais de parachutes donnent satisfaction). Le créneau avril-juin est avancé.
L’autre prestataire, Boeing, a connu un imprévu lors du vol d’essai orbital de sa capsule Starliner fin 2019. Un autre vol, éventuellement habité, sera peut-être mené en 2020.

Quadruple année martienne

Mécanique orbitale oblige, c’est cet été que s’ouvre un nouveau créneau idéal de départ vers Mars. Pour 2020, 4 missions visent la planète rouge avec Mars 2020 de la NASA, ExoMars 2020 de l’ESA en coopération avec la Russie, Huoxing-1 pour la Chine et Hope pour les Émirats Arabes Unis. Tous les détails dans cet article.

Des échantillons d’astéroïdes

Normalement, c’est aussi durant la période estivale que la sonde américaine OSIRIS-REx procédera à sa première récolte d’échantillons à la surface de l’astéroïde Bennu. C’est la zone appelée Nightingale qui a récemment été retenue pour cette opération délicate.
Côté japonais, la sonde Hayabusa2 a déjà obtenu des prélèvements sur l’astéroïde Ryugu et a entamé son retour vers la Terre. Une capsule qui contient la précieuse récolte doit se poser en Australie en décembre 2020.

Des échantillons de la Lune ?

Chang’e-5, la mission de retour d’échantillons lunaires chinoise initialement prévue pour la fin 2019, n’a pas eu lieu en raison du retard du retour en vol du lanceur CZ-5. Celui-ci ayant toutefois réussi son «examen de passage» en décembre 2019, Chang’e-5 pourrait bien se dérouler en 2020. Rappelons que la mission Chang’e-4 sur la face cachée de la Lune (avec le rover Yutu-2) continue.

Vega-C et Ariane 6 : les nouveaux lanceurs européens

Une année importante se profile pour l’accès à l’espace de l’Europe. Chargée de commercialiser les lanceurs de l’ESA, la société Arianespace a confirmé lors de sa conférence de presse de début d’année que 2020 devrait voir le retour en vol du petit lanceur Vega, la première mission de sa version plus puissante Vega-C et enfin l’inauguration d’Ariane 6 qui va progressivement succéder à Ariane 5 (les 2 lanceurs seront exploités conjointement pendant un moment).

Le retour sur la Lune se prépare

La Maison-Blanche a demandé à la NASA de faire revenir des astronautes américains (le prochain et la première femme pour reprendre la formule officielle) sur notre satellite naturel pour 2024. Ce programme appelé Artemis va encore monter en puissance avec des tests au sol importants pour le lanceur géant SLS (Space Launch System). Le but est de préparer Artemis I, une mission en 2021 où un SLS enverra une capsule Orion autour de la Lune en automatique. Il est à noter que cette capsule sera dotée d’un module de service fourni par l’ESA et construit par Airbus.

Une année 2020 à suivre

Difficile d’être exhaustif et il ne s’agit ici que des grandes lignes pour une année qui sera riche en événements comme vous pouvez le constater. La Cité de l’espace de Toulouse via ce site web, mais aussi sa page Facebook, son compte Twitter et sa médiation scientifique au sein de ses expositions ne manquera pas de vous faire suivre l’actualité de l’élan de l’humanité vers les étoiles.