L’héritage infrarouge de Spitzer

L’héritage infrarouge de Spitzer

Ce télescope spatial de la NASA qui observait l’univers dans l’infrarouge a été mis en sommeil définitif le 30 janvier après 16 années de fonctionnement. Il nous laisse en héritage de belles images et surtout une énorme banque de données.

Lors de son décollage depuis la Floride le 25 août 2003, le nouvel observatoire spatial de l’agence américaine s’appelait encore SIRTF pour Space InfraRed Telescope Facility. En décembre 2003, son bon fonctionnement étant acquis après plusieurs tests sur son orbite de travail, il fut officiellement baptisé Spitzer Space Telescope en hommage à l’astronome américain Lyman Spitzer (1914-1997) qui dès 1946 expliqua l’avantage qu’il y aurait à envoyer des télescopes dans l’espace.
Plus bas dans l’article, retrouvez une sélection des plus belles images du télescope spatial Spitzer.

Les 2 vies de Spitzer

Doté d’un miroir principal de 85 cm, Spitzer était intégralement consacré à l’observation dans l’infrarouge, une longueur d’onde inaccessible à nos yeux, mais qui véhicule des informations précieuses sur ce qui est froid. De plus, l’infrarouge permet de voir «au travers» des nuages de poussière.

Au Jet Propulsion Laboratory en Californie le 30 janvier 2020, les contrôleurs au sol applaudissent alors que la mise en sommeil de Spitzer est confirmée. Le télescope spatial clôt ainsi 16 années d’observation de l’univers. Crédit : NASA/JPL-Caltech

Au Jet Propulsion Laboratory en Californie le 30 janvier 2020, les contrôleurs au sol applaudissent alors que la mise en sommeil de Spitzer est confirmée. Le télescope spatial clôt ainsi 16 années d’observation de l’univers.
Crédit : NASA/JPL-Caltech

Après un peu plus de 6 000 jours de mission, le Jet Propulsion Laboratory de la NASA a envoyé le 30 janvier au télescope spatial ses ultimes commandes afin de le placer en «safe mode», mettant fin à sa vie opérationnelle. Cette dernière a connu 2 grandes périodes. Durant la première, ses instruments étaient refroidis à -268 °C (seulement 5,5 degrés au-dessus du zéro absolu), maximisant ses performances infrarouges. Lorsque le réservoir d’hélium liquide nécessaire à ses températures basses fut vidé en 2009, Spitzer bascula dans sa deuxième vie, dite Warm Mission, la mission chaude. Ceci dit, on parle d’une température de fonctionnement à -240 °C… Cela suffisait pour réduire les longueurs d’onde infrarouge accessibles. La science n’en était toutefois pas moins pertinente et le télescope engrangea de nombreuses observations toutes stockées dans une banque de données informatique que les chercheurs continueront à exploiter dans les années à venir. Un héritage scientifique majeur. En 16 années, Spitzer a en effet permis des avancés dans l’étude de l’évolution des galaxies, des comètes ou des astéroïdes, la caractérisation des exoplanètes, la composition des gaz de poussière interstellaires, etc.

Balade dans l’univers en infrarouge

Nous vous proposons ci-dessous une sélection d’images réalisées grâce à Spitzer. Une balade dans notre cosmos avec des yeux infrarouges !

Ces images montrent l’apport de l’infrarouge pour l’étude du Cosmos. À gauche, un cliché de la nébuleuse Trifide en lumière visible. Au centre, la même nébuleuse par Spitzer avec ses caméras IRAC et MIPS. A droite, les clichés séparés de chaque caméra. Crédit : NASA/JPL-Caltech/J. Rho (SSC/Caltech)/NOAO (visible)

Ces images montrent l’apport de l’infrarouge pour l’étude du Cosmos. À gauche, un cliché de la nébuleuse Trifide en lumière visible. Au centre, la même nébuleuse par Spitzer avec ses caméras IRAC et MIPS. A droite, les clichés séparés de chaque caméra.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/J. Rho (SSC/Caltech)/NOAO (visible)

 

La nébuleuse Helix qui résulte de l’explosion d’une étoile en fin de vie. Crédit : NASA/JPL-Caltech/ J. Hora (Harvard-Smithsonian CfA)

La nébuleuse Helix qui résulte de l’explosion d’une étoile en fin de vie.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/ J. Hora (Harvard-Smithsonian CfA)

 

La galaxie Messier 63 à 37 millions d’années-lumière. Crédit : NASA/JPL-Caltech/SINGS Team

La galaxie Messier 63 à 37 millions d’années-lumière.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/SINGS Team

 

La région de formation d’étoiles W33 située à 13 000 années-lumière dans notre propre galaxie. Crédit : NASA/JPL-Caltech

La région de formation d’étoiles W33 située à 13 000 années-lumière dans notre propre galaxie.
Crédit : NASA/JPL-Caltech

 

La galaxie du Sombrero ou Messier 104 à 28 millions d’années-lumière. Cette image réunit les données infrarouges de Spitzer et celles dans le visible d’Hubble. Crédit : NASA/JPL-Caltech/R. Kennicutt (University of Arizona) and the SINGS Team

La galaxie du Sombrero ou Messier 104 à 28 millions d’années-lumière. Cette image réunit les données infrarouges de Spitzer et celles dans le visible d’Hubble.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/R. Kennicutt (University of Arizona) and the SINGS Team

 

La nébuleuse d’Orion, une spectaculaire pépinière de soleils à 1 500 années-lumière de nous. Crédit : NASA/JPL-Caltech/T. Megeath (University of Toledo) & M. Robberto (STScI)

La nébuleuse d’Orion, une spectaculaire pépinière de soleils à 1 500 années-lumière de nous.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/T. Megeath (University of Toledo) & M. Robberto (STScI)

 

Une autre région de formation d’étoiles, mais plus loin à 4 200 années-lumière et surnommée la nébuleuse de la patte de chat. Crédit : NASA/JPL-Caltech

Une autre région de formation d’étoiles, mais plus loin à 4 200 années-lumière et surnommée la nébuleuse de la patte de chat.
Crédit : NASA/JPL-Caltech

 

Messier 51, la galaxie des Chiens de Chasse (ou dite du tourbillon), est distante de 23 millions d’années-lumière. Crédit : NASA/JPL-Caltech

Messier 51, la galaxie des Chiens de Chasse (ou dite du tourbillon), est distante de 23 millions d’années-lumière.
Crédit : NASA/JPL-Caltech

 

Ce nuage de gaz a été formé par une étoile massive (15 à 20 fois notre Soleil). Crédit : NASA/JPL-Caltech

Ce nuage de gaz a été formé par une étoile massive (15 à 20 fois notre Soleil).
Crédit : NASA/JPL-Caltech

 

Messier 81, un exemple typique de galaxie spirale. Elle est à 12 millions d’années-lumière. Crédit : NASA/JPL-Caltech

Messier 81, un exemple typique de galaxie spirale. Elle est à 12 millions d’années-lumière.
Crédit : NASA/JPL-Caltech

 

La nébuleuse de la Tarentule est située dans le Grand Nuage de Magellan, une galaxie naine satellite de la nôtre à 160 000 années-lumière. Il s’agit là d’une zone de formation d’étoiles à l’activité particulièrement intense. Crédit : NASA/JPL-Caltech

La nébuleuse de la Tarentule est située dans le Grand Nuage de Magellan, une galaxie naine satellite de la nôtre à 160 000 années-lumière. Il s’agit là d’une zone de formation d’étoiles à l’activité particulièrement intense.
Crédit : NASA/JPL-Caltech

 

Pour sa communication, les équipes de Spitzer n’ont pas employé que les images, elles se sont aussi beaucoup tournées vers les vidéos en ligne. Mais la plus originale est probablement ce petit sitcom sous forme de comédie musicale avec les paroles affichées façon karaoké !

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