Le Starliner au sommet de son lanceur

Le Starliner au sommet de son lanceur

Le 21 novembre, la capsule Starliner de Boeing a été placée au sommet de son lanceur Atlas V en Floride. Le 17 décembre, elle doit décoller vers l’ISS pour accomplir une mission automatique avant un premier vol habité début 2020.

Depuis l’arrêt des navettes de la NASA en 2011, les États-Unis ont perdu leur indépendance en matière de vols habités. Les astronautes de l’agence américaine voyagent donc à bord des vaisseaux russes Soyouz pour aller vers la Station Spatiale Internationale (ISS) et en revenir, ce qui coûte plusieurs dizaines de millions de dollars à chaque fois. Mais SpaceX et Boeing doivent prochainement s’en occuper.

Le Starliner doit lui aussi faire une démonstration

En 2014 et dans le cadre de son Commercial Crew Program (CCP), la NASA a en effet sélectionné SpaceX et Boeing afin qu’elles lui fournissent une prestation « clé en main » de transport de ses astronautes vers l’ISS. Ces compagnies privées doivent cependant accomplir différentes étapes précises avant que l’agence ne donne son feu vert pour qu’elles procèdent à des vols habités. Au mois de mars 2019, SpaceX a ainsi réussi un vol d’essai automatique de sa capsule Crew Dragon. Une mission appelée Demo-1. C’est désormais au tour de Boeing de réaliser un test similaire et, le 21 novembre, la capsule CST-100 Starliner a été posée au sommet de son lanceur Atlas V sur le pas de tir SLC-41 de la Cape Canaveral Air Force Station.

La capsule Starliner quitte son hangar de préparation pour être amenée au sommet de son lanceur sur le pas de tir SLC-41. Crédit : Boeing

La capsule Starliner quitte son hangar de préparation pour être amenée au sommet de son lanceur sur le pas de tir SLC-41.
Crédit : Boeing

La vidéo de Boeing ci-dessous montre le trajet de la capsule Starliner de son hangar au Kennedy Space Center de la NASA (il s’agit de l’un des bâtiments où les navettes étaient préparées) vers le pas de tir puis l’installation sur le lanceur.

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C’est donc cette capsule qui décollera le 17 décembre prochain (date qui peut évoluer) vers l’ISS pour s’y amarrer automatiquement. Accomplissant toutes les étapes qui seront celles d’un vol habité, elle repartira pour revenir sur Terre sous parachutes et se poser au sol amortie par des airbags (la base de White Sands au Nouveau-Mexique est pour le moment le site de référence). La mission appelée OFT-1 pour Orbital Flight Test-1 doit durer une semaine. Si tout se déroule comme prévu, le prochain vol d’un Starliner se fera en 2020 en mode habité et l’équipage est connu. Les astronautes de la NASA Nicole Man et Mike Fincke seront accompagnés de Chris Ferguson. Ce dernier est un ancien astronaute de la NASA (3 missions de navette dont 2 en qualité de commandant) qui travaille pour Boeing sur le programme Starliner.

Les 3 astronautes prévus pour le premier vol habité d’une capsule Starliner (de gauche à droite) : Chris Ferguson, Mike Fincke et Nicole Mann. Ils étaient ici présents en Floride lorsque celle du vol d’essai inhabité OFT-1 a été hissée au sommet de son lanceur le 21 novembre. Crédit : NASA/Kim Shiflett

Les 3 astronautes prévus pour le premier vol habité d’une capsule Starliner (de gauche à droite) : Chris Ferguson, Mike Fincke et Nicole Mann. Ils étaient ici présents en Floride lorsque celle du vol d’essai inhabité OFT-1 a été hissée au sommet de son lanceur le 21 novembre.
Crédit : NASA/Kim Shiflett

Avec son Commercial Crew Program, la NASA entend redonner aux États-Unis son autonomie en matière de vols habités et donc ne plus dépendre de la Russie. Cependant, en ce qui concerne Boeing, on remarquera que le lanceur Atlas V d’United Launch Alliance (qui associe Boeing et Lockheed Martin) emploie pour son premier étage un propulseur RD-180 fabriqué par NPO Energomash, un industriel russe !

La capsule Starliner posée au sommet de son lanceur Atlas V. Crédit : NASA/Cory Huston

La capsule Starliner posée au sommet de son lanceur Atlas V.
Crédit : NASA/Cory Huston