Thomas Pesquet, doublure pour l’Expédition 48

Thomas Pesquet, doublure pour l’Expédition 48

L’astronaute français de l’Agence Spatiale Européenne s’est entraîné comme doublure de l’équipage de l’Expédition 48 de l’ISS qui s’envolera à bord du Soyouz MS-01 fin juin. Si nécessaire, il est donc prêt à partir !

C’est en 2009 que Thomas Pesquet a été retenu, avec 5 autres personnes, par l’Agence Spatiale Européenne (ESA) en qualité d’astronaute. Mais la route vers l’espace est longue, car après une rude sélection, il convient d’apprendre le métier et d’attendre d’être affecté à une mission. Et une fois que cela est fait, il faut s’entraîner pour son vol !

Thomas Pesquet - NASA - Houston

Comme tous les astronautes qui se préparent à une mission vers l’ISS, Thomas Pesquet passe par les centres d’entraînement des 5 agences spatiales partenaires de la Station (NASA pour les États-Unis, Roscosmos pour la Russie, ESA pour l’Europe, ASC pour le Canada et JAXA pour le Japon). Ici, il est au centre Johnson de la NASA à Houston afin de se familiariser avec les scaphandres américains.
Crédit : NASA

Toutefois, ce n’est pas tout. Lors de cette préparation, un astronaute occupe très souvent le rôle de doublure au sein d’un équipage. De quoi s’agit-il ? En Russie, tout équipage d’un futur vol Soyouz se voit attribuer un équipage doublure prêt à prendre la relève en cas de problème (de santé ou blessure par exemple).
Et ce sera à nouveau le cas pour Thomas Pesquet à la fin du mois de juin.

La doublure doit être prête à partir !

En juin, la relève par moitié de l’équipage de la Station Spatiale Internationale (ISS) va se dérouler avec tout d’abord le retour prévu le 18 de ce mois de Timothy Peake (Britannique, ESA), Timothy Kopra (USA, NASA) et Youri Malenchenko (Russie, Roscosmos) à bord du vaisseau Soyouz TMA-19M. Le trio qui reste là-haut (l’Américain Williams et les Russes Ovchinin et Skripochka) devient alors la première moitié de l’Expédition 48. La deuxième moitié doit s’envoler vers l’ISS le 24 juin à bord du Soyouz MS-01 (nouvelle version du vénérable vaisseau russe triplace).

MS-01 crew - ISS

De gauche à droite : Kathleen Rubins, Anatoli Ivanishin et Takuya Onishi. Il s’agit du trio qui doit partir fin juin vers l’ISS à bord du Soyouz MS-01. Thomas Pesquet fait partie de leur équipage doublure.
Crédit : NASA/Stephanie Stoll

Il s’agit d’Anatoli Ivanishin (Russie, Roscosmos), Takuya Onishi (Japon, JAXA) et Kathleen Rubins (USA, NASA). Et l’équipage doublure est constitué d’Oleg Novitskiy (Russie, Roscosmos), Peggy Whitson (USA, NASA) et Thomas Pesquet (France, ESA). Le principe est que l’équipage doublure doit être prêt à partir au même titre que l’équipage principal. En théorie, y compris la veille voire le jour même du décollage !

MS-01 - doublure

L’équipage doublure du MS-01 (de gauche à droite) : Peggy Whitson, Oleg Novitskiy et Thomas Pesquet. Ils sont devant un simulateur de Soyouz à la Cité des étoiles dans la banlieue de Moscou.
Crédit : NASA/Stephanie Stoll
NASA/Stephanie Stoll

Se préparer à un tel rôle est certes très utile lorsqu’on s’entraîne pour une future mission, mais cela ajoute aussi beaucoup de travail aux astronautes. Thomas Pesquet connaît bien cette situation puisqu’il a déjà été doublure pour le vol Soyouz TMA-18M de septembre 2015 vers l’ISS à bord duquel est parti son collègue de l’ESA le Danois Andreas Mogensen.

Mogensen - Pesquet - ESA

Thomas Pesquet (à droite) à côté d’Andreas Mogensen. L’année dernière, le Français faisait partie de l’équipage doublure de celui de son collègue de l’ESA.
Crédit : ESA

Thomas Pesquet raconte son entraînement de doublure

Malgré un agenda chargé, le Français qui avant sa sélection a été pilote chez Air France continue de partager son expérience sur ses comptes Facebook et Twitter. Il y tient beaucoup car il y voit une façon vivante et efficace d’associer le grand public à l’aventure spatiale. Le 20 mai, il a ainsi posté sur Facebook : «Encore une intense semaine d’entraînement qui s’achève à la Cité des Étoiles. Après les épreuves de centrifugeuse, c’est au tour du pilotage manuel. La semaine prochaine : tests finaux en simulateur de Soyouz, et des modules de l’ISS. Ensuite: direction Baïkonour pour l’équipage de Soyouz MS01 et pour leur doublure: nous !»
La Cité des Étoiles est le centre d’entraînement russe dans la banlieue de Moscou. D’ailleurs, récemment, la chaîne de télévision TF1 a diffusé un reportage sur la préparation de Thomas Pesquet.

Au même titre que l’équipage principal, celui de doublure doit passer les examens qui lui donnent sa certification pour partir. L’occasion pour le Français de communiquer avec sa touche d’humour qu’il aime utiliser de temps à autre. Lorsqu’on lui a demandé si les examens s’étaient bien déroulés, il a indiqué sur Twitter «We rocked: just enough mistakes to make the prime crew look better tomorrow! ;)», soit «On a assuré : juste ce qu’il faut d’erreurs pour que l’équipage principal ait l’air plus performant demain ! ;)».
Ainsi, en juin, Thomas Pesquet sera à nouveau prêt à partir au cas où. Mais en novembre, cette fois-ci, ce ne sera plus «au cas où», puisqu’il fera partie de l’équipage principal avec d’ailleurs l’Américaine Peggy Whitson et le Russe Oleg Novitskiy avec lesquels il est doublure pour MS-01.

Pesquet - Cité des Etoiles

Thomas Pesquet serre la main de l’un de ses instructeurs : l’examen pour le Soyouz est réussi ! Le Français et ses 2 collègues sont donc aptes à partir en qualité d’équipage doublure si besoin.
Crédit : compte Facebook de Thomas Pesquet

À partir de novembre 2016, Thomas Pesquet participera donc à l’Expédition 50 de l’ISS, puis à la 51. Côté ESA, sa mission s’intitule Proxima. Il y a 1 an, en mai 2015, il nous confiait ses impressions vis-à-vis de son départ pour l’orbite terrestre qui s’approchait à grands pas.