Thomas Pesquet : "Fin prêt" mais "plus difficile"

« Tout va bien, la fusée est prête, l’équipage a très bon moral », s’est réjoui lundi Thomas Pesquet, trois jours avant son départ jeudi 22 avril pour une nouvelle mission à bord de la Station spatiale internationale (ISS).

« Physiquement, j’ai l’impression d’être dans la meilleure forme de ma vie », a déclaré l’astronaute français, 43 ans, lors d’une conférence de presse donnée à partir du Centre spatial Kennedy (Floride).
Thomas Pesquet, qui occupera le poste de commandant de la Station spatiale internationale pendant environ un mois, vers la fin de sa mission, sera le premier européen à effectuer le voyage Terre – ISS à bord d’une capsule privée Crew Dragon de la société d’Elon Musk, SpaceX. Lors de sa première mission, « Proxima » (197 jours, 2016 – 2017), il avait volé à bord d’un vaisseau russe Soyouz depuis la base de Baïkonour, au Kazakhstan.

Une seconde mission dans l’espace : « mentalement plus difficile »

Pour cette nouvelle mission de six mois, baptisée « Alpha« , l’astronaute de l’Agence spatiale européenne (ESA) décollera du Centre spatial Kennedy, en Floride, pour un amarrage le lendemain à l’ISS. La fusée, une Falcon 9, sera lancée à 06H11 locales (12H11 heure française) du pas de tir 39A, historique puisqu’il était celui des missions Apollo vers la Lune. Ce vol marquera la première fois qu’un astronaute européen décollera du territoire américain, après Roberto Vittori en 2011.

Un second séjour dans l’espace est « mentalement plus difficile » que le premier, a reconnu Thomas Pesquet. « On sait à quoi on s’expose. La première fois, on part à l’aventure. On sait que cela va être difficile (…) mais on ne sait pas à quel point. La deuxième fois, on sait exactement à quoi on s’expose. Quand on a couru un marathon, on sait que ça va faire mal… », a-t-il analysé. De plus, il a rappelé qu’il allait quitter sa famille pour six mois, après avoir vécu cette dernière année la plupart du temps en confinement.

ISS 2018

La Station spatiale internationale (NASA) photographiée en 2018 par l’Expédition 56 après la séparation de leur vaisseau Soyouz de l’ISS Crédit : NASA/Roscosmos

 

 

Un Français, deux Américains, un Japonais

Pour ce nouveau voyage vers l’ISS, Thomas Pesquet sera accompagné de trois autres astronautes : l’Américain Shane Kimbrough, sa compatriote Megan MacArthur et le Japonais Akihiko Hoshide. Avec leur arrivée, l’équipage de l’ISS atteindra momentanément 11 personnes avec le départ de quatre astronautes le 28 avril. Cette transition marquera le passage de l’Expédition 64 à 65. Une fois revenu à 7 personnes, le personnel de l’ISS comprendra, outre Thomas Pesquet et ses compagnons, les Russes Oleg Novitskiy et Pyotr Dubrov, et l’Américain Mark Vande Hei.

 

équipage crew dragon

Photo de l’équipage du vol de la capsule Crew Dragon qui décollera le 22 avril vers la Station spatiale internationale (ISS). Photo prise pendant leur entraînement au centre SpaceX de Hawthorn, en Californie. De gauche à droite : Thomas Pesquet (ESA, spécialiste de mission), Megan McArthur (NASA, pilote), Shane Kimbrough (NASA, commandant), Akihiko Hoshide (JAXA, spécialiste de mission)
Crédit: SpaceX

La Terre en ligne de mire

Notre planète et son avenir seront une des préoccupations de l’astronaute pendant sa mission. Hasard du calendrier, il quittera notre sol, jeudi, « Journée de la Terre ».
Les agences spatiales avec leurs programmes d’observation de la Terre, dont Copernicus pour l’ESA, ont été des « précurseurs » pour observer les dérèglements climatiques, a-t-il noté. Leurs flottes de satellites ont permis de voir les changements climatiques au travers de « phénomènes globaux à l’échelle de la planète ». « Nous sommes des témoins en tant qu’astronautes (et) cela fait plaisir de participer à ce combat-là », a revendiqué l’astronaute.

En tant qu’Ambassadeur de bonne volonté de l‘Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), il voit également la Station spatiale internationale comme un « exemple, une démonstration de la situation de notre planète, (qui) n’est ni plus ni moins qu’un gros vaisseau spatial avec un équipage de milliards d’habitants parti dans un vol sans fin autour du Soleil, comme l’ISS autour de la Terre ». Pour lui, « il y a des similarités : des ressources limitées, un environnement extrême, et il faut entretenir le vaisseau, bien s’entendre, faire marcher tout cela le plus longtemps possible. (…) Il y a beaucoup de parallèles, de messages à faire passer à partir de notre expérience à bord, par rapport à ce que les gens vivent sur Terre ».

De nombreuses expériences

Thomas Pesquet sera chargé, entre autres, de 12 expériences gérées par le Centre d’Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales (CADMOS) du Centre national d’Etudes Spatiales (Cnes).

 

L’astronaute de l’Agence spatiale européenne (ESA) Thomas Pesquet à bord de la Station spatiale internationale (ISS) lors de sa mission de six mois « Proxima » en 2016 – 2017
Crédit : ESA

Parmi les expériences, quatre sont présentées au sein d’une exposition à la Cité de l’espace de Toulouse, « Suivi Mission Alpha » : « Dreams » (étude du sommeil des astronautes), « Edible Foam » (un emballage biodégradable ou comestible), « Blob » (étude d’un organisme unicellulaire, le Physarum Polycephalum), et « Pilote » (dispositif de contrôle robotique avec réalité virtuelle).
La mission de l’astronaute pourra par ailleurs être suivie sur le site de la Cité de l’espace.

L’astronaute de l’Agence spatiale européenne (ESA) Thomas Pesquet en tenue de sortie extravéhiculaire posant quelques jours avant son départ le 22 avril 2021 pour la mission « Alpha » à bord de la Station spatiale internationale (ISS) Crédit : ESA/NASA – Josh Valcarcel JSC

 

Informations pratiques pour suivre le décollage le jeudi 22 avril à 12H11 :

Suivre le décollage en direct sur le site ESA : http://esawebtv.esa.int/
Rejoindre le direct radio sur Franceinfo, délocalisé à la Cité de l’espace
Suivre l’événement sur les réseaux sociaux de la Cité de l’espace.

     

     

     

    Conformément aux directives gouvernementales de lutte contre la propagation du virus Covid-19, la Cité de l’espace ferme ses portes du jeudi 29 octobre jusqu’à nouvel ordre.

     

     

    Nous vous remercions de votre compréhension.