Tiangong-2 est sur orbite

Tiangong-2 est sur orbite

Le 15 septembre, la Chine a lancé avec succès Tiangong-2, sa deuxième station spatiale qui consiste en un module autonome. En octobre, la mission Shenzhou-11 amènera 2 astronautes chinois pour une mission de 30 jours.

Ce 15 septembre, un lanceur CZ-2F (Chang Zheng ou Longue Marche) a placé avec succès sur orbite le module Tiangong-2 qui constitue à lui seul une station spatiale. Ses dimensions sont de 14,4 m de long pour 3,35 m de diamètre. Le lancement et la mise sur orbite jusqu’au déploiement des panneaux solaires ont été commentés en direct sur la chaîne de TV d’information chinoise CCTV. Ci-dessous un extrait montrant le décollage.

Le CNES à bord de Tiangong-2

La Chine continue ainsi son programme de vols habités. Avec le vol Shenzhou-5 le 15 octobre 2003, voici bientôt 13 ans, Yang Liwei devenait en effet le premier «taïkonaute», un astronaute de la CNSA (China National Space Administration), l’agence spatiale chinoise. La Chine décrochait du coup la troisième place du podium des pays capables d’envoyer par leurs propres moyens une personne dans l’espace (après la Russie et les USA). Le vaisseau employé, le Shenzhou, est inspiré du Soyouz russe suite à un accord entre la Russie et la Chine. L’engin est cependant intégralement fabriqué en Chine et il a même été modifié par rapport à son modèle d’origine.
Quatre autres missions habitées ont suivi Shenzhou-5 et à chaque fois des étapes furent franchies (équipage à 2 puis 3, sortie en scaphandre, etc.). Le 29 septembre 2011, la première station chinoise sous forme de module, Tiangong-1, fut placée sur orbite. Un vol automatique (Shenzhou-8) s’y amarra puis deux autres missions de 2 semaines (Shenzhou-9 et 10) permirent à des taïkonautes de vivre à bord de ce «palais céleste» (traduction de Tiangong).

Shenzhou - Tiangong

Image d’artiste chinoise montrant un vaisseau habité Shenzhou (à gauche) se dirigeant vers une station de type Tiangong.
Crédit : DR

Tiangong-2 reprend la formule technologique éprouvée avec succès par son prédécesseur Tiangong-1. Toutefois, les officiels chinois insistent sur le terme «laboratoire spatial» pour Tiangong-2 puisque cette fois-ci la science sur orbite et en impesanteur sera très présente (Tiangong-1 fut essentiellement un test technique). L’agence spatiale française CNES a même fourni dans le cadre d’un accord franco-chinois une expérience, Cardiospace, destinée à surveiller le système cardiovasculaire des astronautes.

Tiangong-2 : l’étape avant une station modulaire

Si des objectifs scientifiques sont clairement affichés, la CNSA n’oublie pas sa logique de progression par étapes significatives. Au mois d’octobre, le vaisseau Shenzhou-11 décollera avec 2 astronautes à bord et cette fois-ci le séjour dans la station est prévu pour 1 mois au lieu d’une douzaine de jours avec Tiangong-1. Ces 30 jours préfigurent des vols de plus longue durée que la Chine ambitionne avec l’étape suivante pour 2022 : une station constituée de plusieurs modules à l’image de l’actuelle ISS (Station Spatiale Internationale).

Tiangong-3

Voici à quoi pourrait ressembler Ia future station modulaire chinoise vers 2022 (Image d’artiste chinoise).
Crédit : DR

On sait cependant qu’un complexe orbital de cette taille exige aussi des vols de vaisseaux cargos pour apporter vivres, équipements, oxygène et carburant. Cette logique sera testée avec Tiangong-2 puisque la station doit recevoir la visite en 2017 du cargo automatique Tianzhou-1 (le premier de son genre).
On le voit, avec Tiangong-2, l’agence spatiale chinoise va concrètement expérimenter ce qui lui permettra de réaliser sa «China Space Station» ou Tiangong-3. Les officiels ont souligné qu’elle serait ouverte à la collaboration internationale. D’ailleurs certains astronautes de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) ont déjà commencé à apprendre le mandarin. Le Français Thomas Pesquet, qui doit partir pour l’ISS en novembre prochain l’a plusieurs fois indiqué sur ses comptes sociaux…

Shenzhou-11

À ce jour, le dernier vol habité chinois est Shenzhou-10 qui se déroula du 11 au 26 juin 2013 (à destination de Tiangong-1). On voit ici Nie Haisheng, Zhang Xiaoguang et Wang Yaping devant leur capsule après leur retour. Le prochain vol, Shenzhou-11, devrait intervenir en octobre.
Crédit : DR