Tianwen-1 emporte la Chine vers Mars - Cité de l'Espace

Tianwen-1 emporte la Chine vers Mars

Tianwen-1 emporte la Chine vers Mars

Le 23 juillet, un lanceur CZ-5 a décollé du centre spatial de Wenchang avec à son sommet Tianwen-1. Cette sonde chinoise comprend un orbiteur destiné à tourner autour de Mars dès février 2021 et un rover pour explorer la surface de la planète.

Avec des performances légèrement supérieures à Ariane 5, le lanceur CZ-5 (Chang Zheng ou Langue Marche) s’avère indispensable pour les ambitieux projets spatiaux affichés par l’agence chinoise CNSA, qu’il s’agisse des vols habités (la future China Space Station notamment), de l’exploration de la Lune ou de Mars. Le 27 décembre 2019 marqua ainsi le retour en vol du CZ-5 après l’échec de sa deuxième mission en 2017. Après avoir permis le test en automatique d’un nouveau vaisseau habité en mai 2020, le CZ-5 fut donc mis à nouveau à contribution pour envoyer Tianwen-1 vers la planète rouge.

Direction Mars

Malgré son importance, le lancement de Tianwen-1 le 23 juillet 2020 n’a pas fait l’objet d’un direct vidéo officiel de la part de la CNSA. L’agence a confirmé par un communiqué de presse un envol à12h41 heure locale depuis la base de Wenchang sur l’île d’Hainan et le succès du début d’un périple de 7 mois en direction de Mars.

Décollage de Tianwen-1 au sommet du lanceur CZ-5 le 23 juillet. Crédit : CNSA

Décollage de Tianwen-1 au sommet du lanceur CZ-5 le 23 juillet.
Crédit : CNSA

Cet envol confirme une date du 23 juillet qui fut avancée par de nombreux observateurs du spatial chinois. Il s’agit aussi du deuxième décollage à destination de Mars cette année après la sonde Hope des Émirats Arabes Unis (qui utilisa le lanceur japonais H-IIA dans la nuit du 19 au 20 juillet). Le troisième doit être celui du rover Perseverance de la NASA le 30 juillet (à suivre en direct à la Cité de l’espace). Rappelons que tous les 26 mois, la position de la Terre et de Mars sur leur orbite respective présente une «fenêtre de tir» favorable pour atteindre la quatrième planète. Pour 2020, le créneau idéal se situe de la mi-juillet à la mi-août. Le voyage durant 7 mois, les sondes envoyées lors de cette fenêtre martienne de l’été 2020 arriveront en février 2021.

Tianwen-1 : une mission double

Ce sera bien évidemment le cas pour Tianwen-1 dont l’insertion sur orbite autour de Mars est prévue du 11 au 24 février 2021. Il est à noter qu’il ne s’agit pas de la première mission chinoise à destination de la planète rouge. En novembre 2011, la petite sonde d’une centaine de kilos Yinghuo-1 était en effet un «passager» de Phobos-Grunt, mission russe d’exploration de Mars qui malheureusement rentra dans l’atmosphère terrestre après une défaillance.
Avec Tianwen-1, la logique est très différente, car la Chine opère de façon autonome. Les ambitions sont aussi d’un autre ordre puisque la masse totale de Tianwen-1 approche les 5 tonnes. Le vaisseau envoyé le 23 juillet est en fait «double» : il comprend un orbiteur et un atterrisseur avec un rover.

Tianwen-1 photographié au sol. Au-dessus de la partie orbiteur (en jaune), on remarque la section capsule destinée à rentrer dans l’atmosphère martienne. Elle contient un atterrisseur chargé d’amener un rover à la surface de la planète rouge. Crédit : CNSA

Tianwen-1 photographié au sol. Au-dessus de la partie orbiteur (en jaune), on remarque la section capsule destinée à rentrer dans l’atmosphère martienne. Elle contient un atterrisseur chargé d’amener un rover à la surface de la planète rouge.
Crédit : CNSA

En février 2021, Tianwen-1 se mettra sur orbite autour de Mars. La partie orbiteur comprend plusieurs instruments scientifiques avec des caméras, un spectromètre et un magnétomètre. En avril 2021, l’orbiteur larguera la capsule qui abrite une plateforme d’atterrissage chargée d’amener un rover de 240 kg dans la région d’Utopia Planitia. En reprenant un schéma comparable au programme Viking de la NASA des années 1970 (orbiteur dont se détache ensuite un atterrisseur), la Chine affiche de sérieuses ambitions pour sa première mission menée en autonomie.
On soulignera cependant que Viking comprenait un atterrisseur dépourvu de mobilité alors qu’il s’agit d’un rover pour Tianwen-1.

Poster officiel de Tianwen-1 avec une illustration du rover. Celui-ci génère l’électricité nécessaire à son fonctionnement à l’aide de panneaux solaires. Crédit : CNSA/Cité de l’espace

Poster officiel de Tianwen-1 avec une illustration du rover. Celui-ci génère l’électricité nécessaire à son fonctionnement à l’aide de panneaux solaires.
Crédit : CNSA/Cité de l’espace

Le rover de Tianwen-1 héberge 6 instruments dont un radar conçu pour sonder le sous-sol, des caméras, une station météo et de quoi analyser la surface. La CSNA envisage un fonctionnement d’au moins 90 jours dans le difficile environnement martien.