Un astéroïde de 500 m passe près de la Terre

Un astéroïde de 500 m passe près de la Terre
Le 26 janvier à 17h19 (heure française), l’astéroïde 2004 BL86 passera à 1,2 million de kilomètres de notre planète. Tout risque de collision est exclu, mais ce passage «proche» rappelle l’importance des programmes de surveillance du ciel.

 

Schéma issu du JPL (Jet Propulsion Laboratory) de la NASA montrant le passage de l’astéroïde 2004 BL86 à 1,2 million de kilomètres de la Terre le 26 janvier 2015.Crédit : NASA/JPL-Caltech – Enjoy Space (traduction)


Comme son matricule l’indique, 2004 BL86 a été découvert en 2004, voici quasiment 11 ans le 30 janvier 2004. C’est grâce à l’un des programmes de surveillance automatique du ciel que ce caillou baladeur a été remarqué. En l’occurrence, il s’agit de l’un des instruments du LINEAR (Lincoln Near-Earth Asteroid Research) situé à White Sands au Nouveau-Mexique. Chaque nuit, ce genre de télescope photographie des régions de la voûte céleste et un ordinateur compare les images obtenues aux précédentes : toute «étoile» qui a bougé par rapport aux autres est «suspecte» car on peut être en présence d’une comète ou d’un astéroïde. Des observations complémentaires sont alors initiées afin de déterminer l’orbite de l’objet et savoir s’il représente ou non une menace potentielle pour la Terre.
En ce qui concerne 2004 BL86, il a été calculé qu’il passera à 1,2 million de kilomètres de notre planète à 17h19 heure française (16h19 Temps Universel), soit 3,1 fois la distance Terre-Lune. L’astéroïde nous «rate» donc de plus d’un million de kilomètres, ce qui apparaît comme confortable, mais en termes astronomiques cet écart est très modeste ! Avec une taille estimée à 500 m pour 2004 BL86, un impact aurait des conséquences désastreuses, creusant un cratère de 10 km de large et entraînant des destructions sur une zone vaste comme l’Europe ! Cependant 2004 BL86 ne représente aucun risque de collision lors de ce passage du 26 janvier ni à plus longue échéance.

Une menace connue et surveillée
La probabilité de ce type d’impact reste de plus rare (une fois tous les 200 000 ans en moyenne pour un objet de 500 m comme 2004 BL86), mais le risque n’est pas pour autant pris à la légère. La communauté scientifique astronomique et spatiale (notamment via les agences spatiales) procède ainsi à une surveillance coordonnée du ciel pour détecter les objets potentiellement menaçant. C’est d’ailleurs dans un tel cadre que 2004 BL86 a été catalogué. Les agences spatiales réfléchissent de plus aux stratégies à appliquer si un astéroïde venait à se diriger vers nous. Plutôt qu’une destruction, les spécialistes favorisent une déflexion de trajectoire. En effet, les objets les plus dangereux sont aussi les plus gros et donc ceux qu’on repère le plus en avance par rapport à une collision éventuelle (jusqu’à des centaines d’années). On envisage du coup d’envoyer par exemple une mission qui placerait sur l’astéroïde menaçant un propulseur qui le «pousserait» légèrement. Le temps travaille pour nous alors, car même une très légère modification de la vitesse orbitale de l’objet se traduira des décennies plus tard par des milliers de kilomètres d’écart qui mettront la Terre à l’abri ! D’autres moyens d’action sont également à l’étude et, aux États-Unis, la fondation B612 (avec à sa tête deux astronautes, Rusty Schweickart d’Apollo 9 et Ed Lu qui notamment séjourna dans l’ISS) veut mettre sur orbite un télescope spatial de recherche d’astéroïdes qui sera posté de façon à surveiller la portion du ciel que les observatoires terrestres ne peuvent pas voir en raison du Soleil. Bien évidemment, la Terre tournant autour du Soleil, les télescopes au sol finissent par accéder à toute la voûte céleste, mais l’observatoire orbital Sentinel de B612 scruterait cette zone lorsqu’elle est inaccessible pour les instruments terrestres, augmentant nos capacités de détection. La vidéo ci-dessous explique en image ce principe. Le lancement est prévu pour 2018-19 avec un Falcon 9 de SpaceX.

Le passage de 2004 BL86 est aussi une opportunité pour les astronomes qui vont braquer leurs instruments vers l’astéroïde afin de mieux le connaître, essentiellement grâce à l’imagerie radar.
On notera qu’à la Cité de l’espace de Toulouse, un atelier scolaire spécifique (niveaux primaire, collège ou lycée) propose aux élèves de travailler sur le thème suivant : Un astre géocroiseur est annoncé au voisinage de la Terre… Représente-t-il un danger pour notre planète ? Une occasion unique de s’initier à différentes notions (orbite, impact, gravitation, etc.) par une approche pratique et interactive, car les participants sont répartis en petits groupes et doivent agir de façon coordonnée afin de sauver notre civilisation !
Tous les renseignements sont sur cette page :
http://scolaires.cite-espace.com

Un des ateliers scolaires de la Cité de l’espace explore le scénario d’un astéroïde qui menace la Terre.Crédit : Cité de l’espace

Publié le 26 janvier 2015