Une fleur éclôt dans l’ISS

Une fleur éclôt dans l’ISS

À la mi-janvier, une zinnia cultivée dans la Station Spatiale Internationale a fleuri. C’est l’astronaute américain Scott Kelly qui a assuré le rôle de jardinier, le système automatique ne donnant pas totalement satisfaction.

Faire pousser des végétaux, des laitues ou même des fleurs à bord de stations spatiales n’est pas nouveau. Les Soviétiques l’ont ainsi fait plusieurs fois à bord des Saliout puis de Mir. Aujourd’hui, cet axe de recherche intéresse plusieurs agences spatiales car l’idée est de mettre au point un «potager de l’espace». Pour les missions de longue durée (vols vers Mars par exemple), le fait pour les astronautes de pouvoir cultiver une partie de leur nourriture se traduira par plusieurs bénéfices, dont celui d’une nourriture fraîche qui apportera une variation bienvenue par rapport aux rations lyophilisées, mais aussi la satisfaction liée à l’activité de ce «jardinage» spatial qui aura probablement un effet positif sur le moral de l’équipage.
De la laitue fut d’ailleurs cultivée puis mangée avec succès à bord de la Station Spatiale Internationale en 2015 (voir cet article). Les scientifiques ont décidé cette fois-ci de faire pousser des fleurs de type zinnia car elles mettent 60 à 80 jours à éclore, une durée plus longue que les laitues et qui permet donc de mieux étudier les effets éventuellement négatifs de l’apesanteur sur la croissance des végétaux.

À bord de l’ISS, Scott Kelly fait un selfie devant son «potager spatial» qui hébergeait alors des laitues. Crédit : NASA

À bord de l’ISS, Scott Kelly fait un selfie devant son «potager spatial» qui hébergeait alors des laitues. Crédit : NASA

Toutefois, cette expérience a bien failli tourner court… Les pousses de zinnia sont hébergées dans un rack spécifique baptisé Veggie (légume en anglais). Le système fournit aux plantes une eau chargée en nutriments : elles ne sont pas dans un sol, c’est ce qu’on appelle une culture hydroponique puisque le liquide apporte tout ce dont elles ont besoin. En théorie… Fin 2015, l’astronaute américain Scott Kelly constate que des feuilles de zinnia présentent des moisissures et que d’autres sont tordues, signe d’un stress des plantes. Il poste même sur Twitter une photo qui montre la situation et commente qu’il doit se comporter comme Mark Watney, le héros du film de SF Seul Sur Mars qui survit sur la planète rouge en faisant pousser des pommes de terre !

Depuis le sol, les scientifiques envoient à Kelly plusieurs instructions comme celle d’augmenter la ventilation pour éviter trop d’humidité. Mais la situation reste précaire. L’astronaute décide alors, avec l’accord des experts impliqués, de prendre la main (verte bien sûr…) sur certains automatismes et d’évaluer par exemple quand il doit arroser les fleurs en devenir en regardant leur état, de la même façon qu’un jardinier.
Et c’est le succès ! À la mi-janvier, une zinnia éclôt, exhibant de superbes pétales orangés.

La zinnia de l’ISS et ses pétales orangés. Scott Kelly en a profité pour déclarer avec humour : «Oui, il y a d’autres formes de vie dans l’espace !».

La zinnia de l’ISS et ses pétales orangés. Scott Kelly en a profité pour déclarer avec humour : «Oui, il y a d’autres formes de vie dans l’espace !».

L’expérience peut sembler secondaire, mais là-haut tout peut devenir un problème. Visiblement, l’apesanteur perturbe la croissance de certains végétaux et il faut s’adapter. L’apparition de moisissures représente de plus un risque pour l’équipage dans l’enceinte confinée de la Station où l’air est recyclé. Enfin, en comparant les différences de comportement des végétaux sur orbite et sur Terre, les scientifiques espèrent mieux comprendre certains mécanismes précis pour développer par la suite une agriculture à la fois plus efficace et plus respectueuse de l’environnement. Au final, on constate que ce «jardinage orbital» aboutit à une récolte de données particulièrement fructueuse !

Faire pousser des fleurs et des plantes sur orbite prépare de futures missions de longue durée, mais aussi fournit des données pour la science agricole sur Terre. Crédit : NASA

Faire pousser des fleurs et des plantes sur orbite prépare de futures missions de longue durée, mais aussi fournit des données pour la science agricole sur Terre. Crédit : NASA