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Une possible soeur de la Terre à 600 années-lumière

Une possible soeur de la Terre à 600 années-lumière
Trouvée par le télescope spatial Kepler de la NASA, ce monde baptisé Kepler-22b tourne autour d’une étoile semblable à la nôtre et en zone habitable, c’est-à-dire là où l’eau liquide pourrait exister. Elle est 2,4 fois plus grande que la Terre.



Image d’artiste montrant Kepler-22b. Une interprétation très libre, car si on sait que cette planète tourne en 290 jours autour de son étoile située à 600 années-lumière de nous, on ne connaît pas son aspect.
Crédit : NASA/Ames/JPL-Caltech


Rappelez-vous, le 2 février 2011, la NASA annonçait que son télescope spatial dédié à la recherche d’exoplanètes (des planètes qui tournent autour d’autres soleils que le nôtre) totalisait 1.235 mondes lointains débusqués, dont 54 en zone dite habitable (voir cet article). C’est l’une de ces 54 planètes qui vient d’être confirmée.

Dans la zone habitable
Revenons tout d’abord rapidement sur la notion de zone habitable. Elle désigne la fourchette de distance par rapport à une étoile où de l’eau liquide pourrait exister sur une planète dotée d’une atmosphère. Plus près, il fait trop chaud, plus loin, il fait trop froid. Exemple concret qui nous concerne : la Terre orbite dans la zone habitable du Soleil. On comprendra que cette zone habitable dépend aussi de la nature de l’étoile. Ainsi, un soleil plus petit et plus froid possédera une zone habitable plus proche de lui.
C’est d’ailleurs le cas du soleil autour duquel tourne Kepler-22b : il s’avère être légèrement plus petit et plus froid que le nôtre. Le télescope spatial chasseur d’exoplanètes de la NASA a déjà vu 3 transits de Kepler-22b. Comment ? Car en passant devant son étoile, ce monde bloque une partie de la lumière émise par son étoile-hôte, entraînant une baisse de luminosité certes infime mais mesurée avec précision. Toutefois, cette méthode seule ne suffit pas aux astronomes et des observations complémentaires sont réalisées avec des télescopes au sol afin de confirmer définitivement le statut d’exoplanète aux «candidats» de Kepler.


Schéma montrant le système Kepler-22 où Kepler-22b évolue dans la zone habitable de son étoile, le tout comparé à l’échelle à notre propre système solaire.
Crédit : NASA/Ames/JPL-Caltech/Enjoy Space


Une sœur de la Terre, vraiment ?
Il a ainsi été confirmé que Kepler-22b tourne en 290 jours autour de son soleil et à une distance qui la place dans sa zone habitable. Avec une taille de 2,4 fois celle de la Terre, nous ne sommes pas encore en face d’une jumelle de notre planète (un objectif majeur de la mission Kepler), mais plutôt d’une «grande sœur». Il convient toutefois de rester prudent car les scientifiques de la NASA reconnaissent qu’ils ne connaissent pas pour l’instant la composition de cette planète. Est-elle rocheuse comme la Terre, ou essentiellement gazeuse ou liquide ? Possède-t-elle une atmosphère ? Ces données manquantes font qu’on ne peut que constater qu’elle est potentiellement habitable, mais nullement qu’elle est habitée, une nuance importante. On prendra comme exemple concret Mars qui, dans notre système solaire, est bien dans la zone habitable, mais n’est pas pour autant habitée, même par de simples bactéries, pour ce que l’on en sait. De plus, Kepler-22b, si elle est proche dans les standards des distances astronomiques, est tout de même à 600 années-lumière de nous (soit 5,6 millions de milliards de km !). Par comparaison, l’étoile la plus près du Soleil est à environ 4 années-lumière. Dans le futur, il se peut que des télescopes spatiaux volant en formation et combinant leur lumière par la technique de l’interférométrie parviennent à analyser la lumière qu’un tel monde lointain reflète de son soleil. On pourrait alors déterminer la composition d’une atmosphère (s’il y en a une) et y chercher la signature d’éléments comme l’oxygène, le méthane ou la chlorophylle, ce qui ferait encore plus pencher la balance vers l’habitabilité voire l’habité. Mais en attendant, chaque confirmation d’exoplanète évoluant dans la zone habitable de son étoile montre que la Terre n’est peut-être pas le cas isolé et extraordinairement chanceux que certains pensaient.
Un sujet qui est au cœur de l’exposition «A la recherche de la vie dans l’Univers» de la Cité de l’espace à Toulouse. Profitez-en vite, cette thématique s’arrêtant le 2 janvier 2012.


Le télescope spatial Kepler de la NASA (illustration).
Crédit : NASA


Publié le 6 décembre 2011