Premier lancement par grappe réussi pour Vega 

Premier lancement par grappe réussi pour Vega 

Le petit lanceur européen Vega a décollé le 2 septembre du Centre Spatial Guyanais avec à son bord 53 satellites qu’il a placé sur orbite avec succès, inaugurant un service d’accès à l’espace par «grappe».

Le décollage s’est déroulé le 2 septembre à 22h51 heure locale de Kourou, marquant le retour en activité du lanceur un an après l’échec du vol Vega VV15 en juillet 2019 en raison d’une rupture du dôme du troisième étage à propulsion à poudre.

Vega retrouve le chemin de l’espace

D’abord programmée le 18 mars, la mission VV16 avait été décalée à plusieurs reprises. Le dernier report fut causé le 1er septembre par la présence du typhon Maysak dans la région où se trouve la station de suivi (réception des données) de Jeju en Corée du Sud. Puis, finalement, le lendemain, Vega retrouva le chemin de l’espace (vidéo Arianespace ci-dessous).

Pour ce vol, Vega embarquait une «grappe» de satellites comprenant 7 petits satellites pesant entre 15 et 150 kilos, et 46 nanosatellites de 300 grammes à 11 kilos, pour le compte de 21 clients issus de 13 pays différents. Destinés aux communications, à l’observation de la Terre, à la recherche scientifique ou à l’éducation, ils ont été lâchés sur deux orbites héliosynchrones, à 515 et 530 km de la Terre.

L’Europe dans l’ère des lancements partagés

Cette mission avait pour objectif premier, pour l’Agence Spatiale Européenne (ESA), de tester son nouveau service de lancement de petits satellites dit SSMS pour Small Spacecraft Mission Service. «Grâce aux efforts conjoints de l’Europe, Arianespace améliore sa capacité de réponse à la demande de lancement partagé avec des solutions parfaitement adaptées au marché en pleine croissance des petits satellites», souligne dans son dossier de presse la société Arianespace chargée de la commercialisation des lanceurs européens.
De nouveaux clients comme les laboratoires, les universités et les start-ups, ont en effet de plus en plus besoin d’envoyer dans l’espace des petits satellites à des prix abordables. La solution du «rideshare», le lancement partagé, est donc en plein essor et l’ESA souhaite se positionner sur ce marché. Selon Arianespace, les projections prévoient l’envoi de 200 à 300 nanosatellites chaque année au cours de la prochaine décennie, la plupart (plus de 80 %) faisant partie de projets de constellations.

Illustration montrant le dispositif hébergeant la grappe de petits satellites emportés par Vega le 2 septembre. Crédit : ESA

Illustration montrant le dispositif hébergeant la grappe de petits satellites emportés par Vega le 2 septembre.
Crédit : ESA

Le projet SSMS, développé avec le support de l’ESA et de la société italienne Avio, permettra donc à Arianespace de proposer à ses clients de nouveaux services, d’abord sur Vega, puis sur le futur lanceur lourd Ariane 6, dont le vol inaugural est prévu en 2021. Il fournira une nouvelle arme à Arianespace, chargée de la commercialisation des lanceurs européens, pour lutter contre ses concurrents.
Jusqu’à cette mission, le record de satellites placés sur orbite par le lanceur Vega était de 12 unités. La société SpaceX a déjà lancé, avec son Falcon 9, à plusieurs reprises les minisatellites de sa future constellation de connectivité web Starlink par grappes de 60 unités. Le record de mise sur orbite par grappe appartient à un lanceur de l’agence spatiale indienne ISRO, le PSLV (Polar Satellite Launch Vehicle) dans sa version XL, qui a placé 104 satellites le 15 février 2014.

Vol Vega n°16 : des missions multiples

Les satellites placés sur orbite par VV16 ont des missions très variées. ESAIL (112 kilos) est le premier microsatellite commercial développé dans le cadre du programme SAT-AIS de l’ESA pour assurer le suivi des navires. Il fait partie des Projets de partenariat de l’agence européenne, avec exactEarth, opérateur de la mission et LuxSpace Sarl maître d’œuvre du projet.

Le microsatellite ESAIL (au centre) installé sur le dispositif de lancement par grappe de Vega avant l’envol du 2 septembre. Crédit : ESA

Le microsatellite ESAIL (au centre) installé sur le dispositif de lancement par grappe de Vega avant l’envol du 2 septembre.
Crédit : ESA

GHGSat-C1 (15,4 kilos), premier microsatellite commercial du projet de constellation actuellement fabriqué pour l’entreprise montréalaise GHGSat Inc., étudiera pour sa part les émissions de gaz à effet de serre de sources terrestres.
NEMO-HD (65 kilos), premier microsatellite de la Slovénie, servira principalement à surveiller des villes intelligentes et des bassins fluviaux en se concentrant sur les forêts, les zones agricoles, les épisodes de sécheresse, les inondations et les plantes invasives.
UPMSat-2 est un microsatellite éducatif, scientifique et de démonstration technologique en orbite mené par l’institut de recherche de l’Université polytechnique de Madrid (IRD/UPM).
Parmi les nanosatellites, figurent PICASSO (ozone dans l’atmosphère) et SIMBA (énergie solaire et atmosphère), réalisés pour l’ESA, ou OSM-1 Cicero, premier satellite réalisé à Monaco, pour l’étude de l’atmosphère.

Ci-dessous, une autre vidéo Arianespace qui est l’enregistrement de l’intégralité du direct du lancement du 2 septembre.

https://youtu.be/1QFd7ViK2zg