Le Webb et la Tarentule

Le Webb et la Tarentule

Le télescope spatial Webb qui associe la NASA, l’Agence Spatiale Européenne et celle du Canada a obtenu une impressionnante vue infrarouge de la nébuleuse de la Tarentule, vaste zone de formation d’étoiles.

Lancé par Ariane 5 fin 2021, le James Webb Space Telescope (JWST) ou plus simplement le Webb a rendu publiques ses premières images scientifiques les 11 juillet et 12 juillet. Depuis, il nous offre régulièrement de spectaculaires vues de l’univers (y compris du Système solaire) et dernièrement la nébuleuse de la Tarentule.

Les jeunes soleils de la Tarentule

La nébuleuse de la Tarentule est distante de nous de 170 000 années-lumière. Cette vaste zone (le cliché couvre 340 années-lumière de large !) où naissent des étoiles n’est pas située dans notre galaxie, mais dans le Grand Nuage de Magellan, une galaxie naine satellite de la nôtre.

La nébuleuse de la Tarentule photographiée par le Webb en infrarouge avec sa caméra NIRCam. Crédit : NASA, ESA, CSA, STScI, Webb ERO Production Team 

La nébuleuse de la Tarentule photographiée par le Webb en infrarouge avec sa caméra NIRCam.
Crédit : NASA, ESA, CSA, STScI, Webb ERO Production Team

Abondamment observée, cette nébuleuse permet aux astronomes d’étudier les mécanismes de formation des étoiles. Les performances infrarouges du Webb dévoilent des dizaines de milliers de jeunes soleils qui n’avaient jamais été vus auparavant. Ceci, car les longueurs d’onde infrarouges traversent les nuages de gaz et de poussière, typiques de ces régions, bien plus aisément que la lumière visible.

Pour mieux saisir ce qu’il se déroule au sein de cette Tarentule cosmique, le Webb fournit des informations issues de ses spectrographes (décomposition de la lumière apportant des données supplémentaires) ainsi que des images de ses caméras NIRCam et MIRI qui ne travaillent pas dans les mêmes longueurs d’onde infrarouges et sont donc complémentaires.

La même zone de la nébuleuse de la Tarentule vue par NIRCam à gauche et MIRI (l’instrument européen) à droite. Crédit : NASA, ESA, CSA, STScI, Webb ERO Production Team 

La même zone de la nébuleuse de la Tarentule vue par NIRCam à gauche et MIRI (l’instrument européen) à droite.
Crédit : NASA, ESA, CSA, STScI, Webb ERO Production Team

L’image NIRCam à gauche montre surtout ce qui est le plus chaud, à savoir les plus jeunes étoiles et les nuages de la nébuleuse «sculptés» par les vents stellaires de celles-ci. La version MIRI à droite révèle la structure des nuages de gaz, car la longueur d’onde infrarouge employée par cet instrument passe mieux au travers des gaz et poussières.