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« Première » pour Hayabusa-2 sur l’astéroïde Ryugu

« Première » pour Hayabusa-2 sur l’astéroïde Ryugu

Et de deux : la sonde japonaise Hayabusa-2 a réussi dans la nuit de mercredi à jeudi à se poser une seconde fois sur l’astéroïde Ryugu. Pour y prélever cette fois quelques milligrammes de poussières… du sous-sol. Une grande première.

 

Photo prise le 11 juillet 2019 par la caméra CAM-H de la sonde japonaise Hayabusa – 2, 4 secondes après son second bref atterrissage sur la météorite Ryugu
© JAXA.

Hayabusa-2, en mission d’exploration autour de Ryugu depuis environ un an, a brièvement touché terre dans une zone où des éléments du sous-sol avaient été préalablement éjectés par l’impact d’un projectile tiré par la sonde. Les scientifiques espèrent ainsi que le petit laboratoire ramènera sur Terre des échantillons de matière pouvant dater de quelque 4,6 milliards d’années, c’est-à-dire du moment de la formation de la Terre, et n’ayant jamais été altérés par des radiations ou les considérables écarts de température sévissant à la surface de l’astre.

« L’atterrissage est un succès, un grand succès », selon les mots à la presse du directeur de recherche pour ce programme  à l’agence d’exploration spatiale japonaise (JAXA), Takashi Kubota.

Ryugu et les mystères de l’origine de la vie sur Terre

Ryugu, un petit corps céleste de 900 m de diamètre situé à 340 millions de kilomètres de la Terre et filant à la vitesse de 100.000 km/h, est un astéroïde carboné. Dit de type C, il fait partie d’une catégorie d’astre qui pourrait renfermer des matériaux organiques. En étudiant les échantillons que la sonde devrait avoir recueillis, les scientifiques espèrent pouvoir déterminer si des éléments de l’espace ont contribué à l’apparition de la vie sur notre planète. Mais une réponse ne pourra être donnée qu’après le retour des échantillons de l’astéroïde sur Terre, prévu en décembre 2020.

 

Photo de l’astéroïde Ryugu prise d’une distance de 20 km par la sonde Hayabusa – 2 le 30 juin 2018
©JAXA, University of Tokyo, Kochi University, Rikkyo University, Nagoya University, China Institute of Technology, Muiji University, University of Aizu, et AIST

Pour ce second rendez-vous, la sonde s’est posée à peine quelques secondes sur l’astre. Là, elle devait aspirer à l’aide d’une trompe quelques milligrammes de poussières du sol pour les ramener sur Terre. « Nous pensons que la sonde a recueilli quelque chose, mais nous ne pouvons le dire avec certitude tant que la capsule de la sonde n’est pas rentrée sur Terre », a souligné M. Kubota

Le premier « baiser » furtif de Hayabusa-2 à Ryugu s’était déroulé en février. Il avait permis, espèrent les responsables de la mission, de prélever quelques milligrammes de matières de la surface de l’astéroïde.

 

 

 

Représentation d’artiste de la sonde japonaise Hayabusa au moment où elle extrait des poussières de l’astéroïde Ryugu
©JAXA

Une mission exemplaire

La sonde de 600 kilos avait été lancée le 3 décembre 2014 à l’aide d’une fusée H-IIA par la JAXA.
Pour atteindre son but, Hayabusa-2 a parcouru quelque 3,2 milliards de kilomètres avant de venir se placer en juin 2018 à 20 km de Ryugu, baptisé ainsi en référence au palais du dieu-dragon de la Mer de la mythologie japonaise.

La mission d’exploration de Ryugu avait notamment commencé en octobre 2018 avec le largage d’un petit atterrisseur de 10 kilos, MASCOT (Mobile Asteroid Surface SCOuT), réalisé par les agences spatiales française – Centre national d’études spatiales, Cnes – et allemande –DLR.

Les quatre instruments de MASCOT ont parfaitement fonctionné, pendant 17 heures, obtenant des données sur la composition de l’astéroïde. Sa mission était de réaliser une analyse minéralogique du sol pour déceler d’éventuels minéraux hydratés et carbonés.

 

Largage sur l’astéroïde Ryugu du petit atterrisseur MASCOT, réalisé par les agences spatiales française – Centre national d’études spatiales, Cnes – et allemande.
©DLR.

Hayabusa-2 avait également largué en septembre 2018 sur l’astéroïde deux petits robots MINERVA – Rover-1A et Rover-1B – qui ont pris les premières photos de l’astre. Un troisième, MINERVA-II2, sera largué dans les prochaines semaines.

La sonde quittera enfin les environs de Ryugu à la fin de l’année, pour revenir sur Terre.

La JAXA avait déjà réussi en 2010 à ramener des échantillons d’astéroïde avec la mission Hayabusa. Cette sonde visait l’astéroïde Itokawa, un géocroiseur de type S, composé notamment de silice et d’oxydes métalliques.
La sonde avait frappé brutalement le sol du corps céleste, mais des poussières infinitésimales avaient pu être récupérées.