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Le ciel d’avril 2024

Publié le 29 mars 2024

Les jours rallongent et le changement d’heure repousse encore plus sur notre montre le moment où le ciel noir apparaît. Outre une éclipse de Soleil pour le continent américain, la Lune nous offrira Jupiter, la comète du diable, les Pléiades et Spica.

Le ciel d’avril 2024

L’heure d’été s’impose dans la nuit du 30 au 31 mars. En avance d’environ deux heures par rapport à la réalité astronomique, l’heure de notre montre implique d’attendre au-delà de 22h pour que passe le crépuscule astronomique, laissant place à un ciel nocturne réellement sombre (le Soleil est à plus de 18° sous l’horizon).

Le ciel nocturne d’avril 2024

Cette carte montre le ciel pour Toulouse le 15 avril à 23h00 (heure légale, donc celle de votre montre).
Elle est valable en grande partie pour le mois d’avril sur toute la France métropolitaine, sauf en ce qui concerne la position de la Lune (sur la droite).
© Cité de l’espace/Stellarium

Une éclipse pour l’Amérique

Le 8 avril, une éclipse totale de Soleil sera visible en Amérique du Nord. L’ombre de la Lune passera au Mexique, aux États-Unis et au Canada. Le phénomène ne sera pas observable en Europe. La Cité de l’espace de Toulouse a prévu une soirée spéciale, mais cet événement est déjà complet.
La NASA permettra cependant au plus grand nombre de suivre l’éclipse en direct sur son site web.

Carte NASA du passage de l’ombre de la Lune (et donc de la visibilité de l’éclipse totale) pour le 8 avril sur le territoire des États-Unis.
© NASA

Jupiter, une comète et la Lune dans le couchant

Les rencontres entre notre satellite naturel et la plus grande planète du Système solaire continuent en avril. Le 10 avril dans le couchant (vers l’Ouest), un fin croissant de Lune sera proche de Jupiter. Profitez-en pour voir la lumière cendrée sur notre voisine céleste. Pour rappel, le croissant de Lune est la partie de notre satellite naturel directement éclairée par le Soleil. La lumière cendrée, en revanche, est l’autre portion qui, elle,  bénéficie de la lumière de notre étoile réfléchie vers la Lune par la Terre. Le 10 avril, Jupiter sera accompagnée de ces 4 satellites galiléens (car découverts par Galilée en 1610) que l’on peut voir avec des jumelles. En revanche, ce sera difficile pour la comète «du diable», officiellement 12P/Pons-Brooks, très probablement noyée dans la lueur du couchant.

Le 10 avril à 21h, un croissant de Lune vers l’Ouest vous servira de jalon pour repérer la brillante Jupiter vers 20° de hauteur. La comète 12P/Pons-Brooks (dite «du diable») ne sera pas loin, mais elle sera probablement difficile à percevoir même avec des jumelles.
© Cité de l’espace/Stellarium

La Lune et les Pléiades

Comme le 16 février dernier, le 11 avril, la Lune passera à proximité des Pléiades, un groupement d’étoiles dans la constellation du Taureau associées dans la Grèce antique à 7 sœurs, filles d’Atlas et Pléioné, à savoir Alcyone, Astérope, Maïa, Taygète, Célaéno, Mérope et Electre.
Ce groupe d’astres constitue en fait un amas ouvert de 3000 jeunes étoiles (seule une dizaine sont visibles à l’œil nu sous de bonnes conditions) situées à environ 440 années-lumière de nous. Les délicates nébuleuses qui les entourent étaient considérées comme des restes de leur mécanisme de formation, mais on pense désormais qu’on observe un nuage interstellaire qu’elles traversent alors qu’elles se dispersent.

Les pléiades offrent déjà un bel objet à scruter à l’œil nu, d’autant plus qu’il ressemble à une Grande ou Petite Ourse en miniature (la taille dans le ciel est équivalente à 2 fois la pleine Lune). Sous un bon ciel nocturne, on en voit aisément 5. Capter les 7 ou 9 principales (identifiées dans le schéma ci-dessous) exige des cieux dégagés de toute pollution lumineuse et/ou l’emploi de jumelles.

Le 11 avril, la Lune vous indique où regarder pour aisément repérer les Pléiades, les «7 sœurs» du ciel. Choisissez un horizon Ouest/Nord-Ouest dégagé, car les Pléiades seront à 20° de hauteur à 22h et se rapprocheront de l’horizon pour se coucher avant minuit.

© Cité de l’espace/Stellarium

La Lune vous montre Spica

Le 23 avril, si vous êtes lève-tôt, la Lune jouera le rôle de guide pour Spica. Il s’agit là du nom latin de cette étoile qui signifie l’épi que tient la Vierge, la constellation dans laquelle elle est. L’autre nom de Spica est d’ailleurs Alpha Virginis puisqu’elle est l’étoile la plus brillante (Alpha) de la Vierge (Virginis).
On devrait en fait parler d’une binaire puisque Spica cache une étoile double. Cependant, les deux astres sont tellement proches que seule l’analyse spectroscopique permet de le constater. Le duo, qui est à 250 années-lumière de nous, consiste en une étoile de 11 fois la masse de notre Soleil et une autre de 7 fois la masse. Affichant une magnitude de 0,98, Spica fait partie des 20 étoiles les plus brillantes de l’ensemble de la voûte céleste.

Le 23 avril au matin, la Lune sera proche de Spica. Un horizon Sud-Ouest sera nécessaire, car le rendez-vous sera à seulement 15° de hauteur à Toulouse à 5h.

© Cité de l’espace/Stellarium

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